Je suis désolée mais apparemment il y a un petit souci lorsque vous déposez vos commentaires :(
Parfois, ils disparaissent et vous devez les réécrire! Je ne sais pas comment remédier à ce problème et je vous présente toutes mes excuses pour ce désagrément!
Préférez firefox pour la balade.
10 septembre 2009
Chacun souffle...
Chacun souffle...
Le chacal songe à son gîte et à ses petits,
L’oiseau à son nid, l’homme à sa famille
Au bien-être de laquelle il consacre ses jours.
C’est la loi qui règne dans la nature…
L’arbre, de ses racines, ne fouille-t-il la terre
Et de sa tête ne cherche t-il la lumière
Pour étouffer et faire périr ses voisins ?
Et que font les êtres humains de ce bas-monde ?
Chacun souffle sur son épi de maïs grillé... (1)
Chacun tourne ses mains ouvertes vers son visage.
A moi, la laine pour me couvrir le dos,
A moi, l’os garni de viande succulente !
Et les « tigourdlassin » (2) , pour les autres, pour les autres!
. "Les chants de la Tassaout" Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom.
1) Chacun veille à ses propres intérêts.
2) Ce sont des andouillettes grossièrement préparées; le mets considéré comme le plus inférieur, ainsi que les tripes.
René Euloge

Photo: Xavier Richer
02 juillet 2009
Aïcha! Aïcha! ...
Aïcha! Aïcha! Pluie bienfaisante,
Toi seule peut m'apaiser,
Avec la grâce de Dieu...
L'or de l'éclair déchire le ciel,
Le tonnerre gronde dans les nuages
Et l'écho répond à ses roulements.
Le soc de la foudre tombe et éclate.
La pluie bienfaisante peut seule apaiser
L'éclair, le tonnerre et la foudre,
Avec la grâce de Dieu clément
Et la bénédiction des saints de la montagne.
L'amour s'élance de l'oeil à l'oeil.
Il gronde dans le coeur tourmenté
Et un autre coeur tourmenté lui répond.
Alors l'amour frappe et met en feu la pensée.
L'amour est la fois l'éclair brillant,
Le tonnerre et la foudre impitoyable,
Aïcha! comme l'écho dans la vallée,
Ton regard brûlant a répondu au mien.
Et voici qu'il m'a enflammé tout entier...
Aïcha! Aïcha! pluie bienfaisante,
Toi seule peut m'apaiser,
Avec la grâce de Dieu...
.
"Les chants de la Tassaout"
Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom.

06 juin 2009
Les trois oiseaux
Les trois oiseaux
J'étais au vert champ de luzerne.
Dans le peupliers chantaient trois oiseaux.
Les écoutait la vieille bergère
Et m'a dit la vieille bergère:
"Si tu écoutes la pie criarde,
Querelleuse et jamais en repos,
Tu deviendras méchante et tête folle.
Qui donc recherchera ta compagnie?
...Si tu prêtes l'oreille au triste pic-vert,
Dans l'ombre épaisse du feuillage,
Qui interroge en frappant chaque branche
Où est passée sa chance perdue,
Tu ne vivras que jours amers et sombres
Et ton travail n'aura ni trêve ni repos.
...Mais entends la douce tourterelle
Qui roucoule de l'aube au soir.
Comme elle, sois donc tendre fille
Ardente aux jeux de l'amour..."
Dans les peupliers chantaient trois oiseaux.
Si Ali D’Ibakellioun
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Poème conté par
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"Les chants de la Tassaout"
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11 mai 2009
Comment aurais-je le temps…
Comment aurais-je le temps…
Comment aurais-je le temps d’écouter mon cœur
Qui voudrait me parler de celui que j’aime,
De celui qui ne sait pas que je l’aime tant…
Idder n’a pas vingt ans et je les ai à peine.
Je n’ai pas un seul soir pour lui ouvrir mon cœur.
Le travail sans arrêt occupe tous mes jours.
Comment aurais-je le temps de songer à l’amour ?
Il y a le grain à moudre et les vaches à traire,
La cruche à la source et le feu des repas.
La journée est trop courte pour la besogne à faire.
Il y a l’herbe aux champs et le bois en forêt,
Le pain à cuire et le linge à la rivière.
Et morte de fatigue, je m’écroule le soir…
L’aurore est loin encore lorsque je me lève
Et la nuit faite depuis longtemps quand je m’endors…
Quand aurais-je le temps de songer à l’amour ?
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"Les chants de la Tassaout"
Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom.
Dans cette chanson, Idir rend hommage à sa mère et aux femmes en général.
Il en parle avec beaucoup de tendresse dans cette petite vidéo. Prenez le temps de l'écouter après avoir arrêté le lecteur ;)
12 mars 2009
Aman iman (L'eau, c'est la vie)
Prière pour une source tarie (1)
… O Dieu, entends nos prières !
Qui rendra la vie à nos champs ?
Qui nous dira ce qu’il faut faire
Pour apaiser les mauvais génies
Qui ont attiré la foudre sur notre source ?
O génies tutélaires de nos montagnes
Triomphez des puissances néfastes
Pour que la claire source détournée
Réapparaisse là où le feu l’a frappée.
Nous voici humbles et repentants.
Devant le roc fermé par la foudre.
O Dieu, pardonne nos erreurs et nos péchés !
O génies protecteurs de notre montagne,
Si nous avons mérité votre ressentiment,
Qu’il ne retombe pas sur nos enfants !
O Moulay Souliman, Roi des Génies,
Maître des monts, de la neige et des eaux,
Protecteur des prairies et des troupeaux,
Nous égorgeons pour toi et pour eux.
Voici le grand sacrifice, ô Moulay Souliman !
Voici l’eau pure que les filles vierges
Répandent abondamment sur l’orifice mort,
Car l’eau virginale appelle l’eau virginale
Pour la résurrection de notre source.
O Dieu ! Prends en pitié tes esclaves !
Rends-nous l’eau, mère de fécondité,
Génératrice de toute abondance.
Ensemble nous récitons la prière pour l’eau
De toute la ferveur de gens infortunés,
O Dieu clément et miséricordieux,
Exauce le vœu de ceux qui t’implorent!
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Si Ali D’Ibakellioun
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Poème conté par
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"Les chants de la Tassaout"
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1: En 1926, la foudre frappa la source d'Aguensou n'Ouarg dont les eaux irriguaient une douzaine d'hectares. Pendant de longues années, les gens sacrifièrent un bélier et récitèrent la "tazallit n'ouaman"", la prière pour l'eau dans l'espoir que Dieu et les saints protecteurs de la montagne ramèneraient l'eau à la source tarie.
René Euloge

Photo: Xavier Richer
" l'eau c'est la vie, l'eau purifie le corps et donne au regard sa transparence.
L'homme des oasis en connaît les vertus. Il sait que sans l'eau bienfaisante, aucune vie n'est possible dans l'enfer des sables. Il accepte de la payer de sa sueur et déploie toute son ingéniosité pour la recueillir et la domestiquer.
De l'eau dépendent abondance et prospérité.
L'outre en peau de chèvre et la jarre en terre poreuse garderont, au frais, cette boisson divine.
Les animaux et les plantes en auront leur part.
Les canaux sinueux amèneront l'eau dans les champs de maïs et au pied des arbres fruitiers, à l'ombre si douce.
Tant que l'eau coule dans les "Séguias"
Tant qu'elle cascade au flanc des rochers, l'herbe jaillira drue, l'agneau pourra téter sa mère et l'homme jouera de la flûte de roseau au haut de la colline"
Ahmed Sefrioui
Tinariwen, groupe Touareg
Album: "Aman iman"
04 février 2009
Le feu du ciel
Le feu du ciel
« Iggig (1)! » « Iggig ! » tu peux gronder !
Je regarde le mur, c’est vrai,
Mais ne cacherai mon visage,
Grâce à Dieu et à la baraka de mon moulin (2)
Tu ne tarderas à taire.
Pour refroidir le feu des nuages
J’ai jeté de l’eau sur le seuil
Et mis de beurre au linteau de la porte. (3)
Et toi, henné ! Sur la tête des enfants,
Des femmes, des filles et des brebis !
Et toi, henné ! Conjure le feu du ciel !
Sur la terrasse, veille la noire « guedra » (4)
Brille, éclair ! Gronde tonnerre !
Mais que le soc de feu ne frappe pas,
Et que la grêle épargne nos petits champs !
O Dieu ! Protège-nous du feu du ciel !
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"Les chants de la Tassaout"
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1) "Iggig", le tonnerre
2) Pour tromper leur frayeur, pendant l'orage, les femmes font mouvoir le moulin à main de la maison. Elles prétendent que le bruit rappelant celui du tonnerre éloigne la foudre.
3) Ce sont des rites préislamiques toujours respectés.
4) Les berbères croient que de vieilles marmites de terre au fond noirci, placées aux angles des terrasses, protègent de la foudre.

13 janvier 2009
Le feu de ma jeunesse
Un chagrin d'amour ne dure Que jusqu'au prochain amour.
[Pierre Perret]
Le feu de ma jeunesse
Je croyais périr, périr de chagrin,
Et ne l'oublier jamais, jamais,
Et ne le remplacer jamais, jamais,
Ni dans mon cœur, ni sur ma natte...
Je disais à ma mère, en pleurant:
"Plus personne m'enflammera mon cœur
Et nul ne recouvrira son souvenir."
Ma mère, sourire aux lèvres et dans les yeux:
"Le feu de ta jeunesse, - tu sais où il brûle, -
Le feu de ta jeunesse consumera ta peine.
Celui-ci et ceux-là qui partageront ta natte
Recouvriront et effaceront le souvenir...
Ma mère avait la sagesse des mères...
Car ma peine s'en est allée, s'en est allée
Comme s'effiloche une vieille ceinture de laine
J'ai cédé au premier nouveau, comme tu l'aurais fait.
Au second, à d'autres et à d'autres encore
Dans l'ombre de la nuit, aux heures claires du jour,
A l'aube, au crépuscule, -tu en ferais autant... -
Car sans cesse m'embrase le feu de ma jeunesse.
Comme l'oublier m'est devenu facile!
Sur les dalles du torrent, au milieu des maïs,
Ou le front comme un tronc jeté à terre...
Femmes que dévore le feu de la jeunesse,
Ne dites pas, hypocrites, que vous n'en feriez autant
Quand la fièvre d'amour bouscule toute honte!
Cette nuit, qu'une large poitrine sur moi s'appesantisse
Et chasse à jamais chagrin, regrets et souvenirs...
Moi qui croyais périr, -de quel chagrin déjà?
Et ne l'oublierai jamais, -mais qui donc déjà?
Comme il m'est facile de le remplacer
Et dans mon cœur et sur ma natte!
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"Les chants de la Tassaout"
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Le village d'Igbirine, en Aït-bou-Guemez, au lever du jour

Tamzzirt et le Jbel Izerwane (3154 m) en pays Aït Affan
Photos: Patrick Flament
18 décembre 2008
Tu n’emporteras…
Tu n’emporteras…
Mon frère, ma sœur, tu n’emporteras, avec toi
Que ce que tu as vu, mangé, bu et revêtu…
L’or et l’argent qui te causent peines et soucis
Ne te suivront pas dans la fosse, à tes côtés.
Tu laisseras là ton or et tes biens au soleil
Et le pauvre qui n’a rien, ne laissera rien,
Lui, sans regrets, toi avec le poids des tiens.
Quand ils reposeront terre dessous et terre dessus,
Qui donc distinguera le caïd du berger
Tous deux aussi dépouillés l’un que l’autre ?
A quoi bon accumuler tant d’argent, tant d’argent ?
Tu ne l’emporteras pas dans ton suaire,
Et plus tu en amasses, et plus tu en désires.
Le mulet repu refuse l’orge qu’on lui offre
Et toi, sacoche pleine, tu réclames toujours…
Va-t’en interroger les tombes du cimetière.
Peut-être entendras-tu la voix de la sagesse.
Parce qu’elle a trop souffert, Mririda te dit :
« Evite avec soin les épines des sentiers
Pour ne cueillir que les fleurs qui te plaisent.
Profite du jour, de l’heure et du moment
Pour goûter à tous les plaisirs de ce bas monde.
Ayant bien vécu, quand la mort viendra te prendre,
Tu n’auras rien à regretter de la vie.
Mon frère, ma sœur, tu n’emporteras avec toi
Que ce que tu as vu, mangé, bu et revêtu.
.
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"Les chants de la Tassaout"
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L'invitation au thé, à l'approche de la nuit.

Sourire du matin sur les terrasses fleuries de Magdaz.
Photos: Patrick Flament
Djamel Allam-Gatlato
envoyé par tigwenn
19 novembre 2008
Il n'est d'amitié vraie...
C'est de la confiance que naît la trahison.
[Proverbe arabe]
Il n'est d'amitié vraie...
.
Il n'est d'amitié vraie avec personne, ô gens!
Haddou! Haddou je le croyais mon frère...
Celle à qui j'ai déroulé le premier soir
Le fil de laine enserrant ses doigts, (1)
Elle avait pourtant sur le front les boucles frisées
Qui apportent joie et prospérité au nouveau foyer... (2)
Qu'a donc pu lui souffler en son esprit de femme
Haddou, Haddou que je croyais être mon frère?
La folie des amants étouffe raison et honte.
O Dieu, emporte-nous vers la lumière!
.
Il n'est d'amitié vraie avec personne, ô gens!
Mhend, Baba Mhend, à barbe plus blanche que grise...
Peut-on douter d'un associé à barbe plus blanche que grise?
Un associé qui ne trompe pas sur les agneaux nés à l'azib,
Ni ne prélève plus que sa part de beurre de l'azib,
Ni ne charge le chacal de trop d'enlèvements de brebis...
Mais la parole est fragile comme poterie mal cuite.
Mhend, Baba Mhend, je n'ai plus foi en les associés.
De mes deux index tendus devant toi, j'ai secoué mes oreilles. (3)
O Dieu, emporte-nous vers la lumière!
.
Il n'est d'amitié vraie avec personne, ô gens!
L'amghar (4) m'a fait promesse sur Sidi Anfeg... (5)
Pour son salut, il a oublié, et le pardon sur lui.
Que Sidi Anfeg étende sur tous sa protection!
Qu'est-ce qu'un serment, ô gens! qui n'a la durée
Que du blanc nuage accroché à Tiglist (6), un instant?
Un serment qui passe comme le vol de la palombe?
Trop bruyants étaient tes éclats d'amitié, amghar!
L'outre gonflée d'air fait du bruit, mais elles est vide.
O Dieu, emporte-nous vers la lumière!
.
Il n'est d'amitié vraie avec personne, ô gens!
Le monde est sans défense contre Mensonge et Trahison,
Les jumeaux maléfiques qui marchent derrière nous.
Ne croyez ni en celle-là qui a les frisettes du bonheur,
Ni en celui que sa puissance place au dessus des soupçons,
Ni en la vertu de la barbe plus blanche que grise...
Demandons à Dieu clément et miséricordieux
Que Mensonge et Trahison nous soient épargnés!
O Dieu, emporte-nous vers la Lumière!
.
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"Les chants de la Tassaout"
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1: Coutume de mariage dans le Haut Atlas.
2: Ces mèches de cheveux appelées "taounza" frangées sur le front, sont considérées comme porte-bonheur.
3: Geste par lequel on signifie que l'on est en désaccord et que l'association est rompue.
4: L'<amghar>, le cheikh, chef d'une fraction de tribu.
5: Sidi Anfeg est un des saints patrons de la Haute Tassaout dont le sanctuaire s'élève au bord de la rivière, en amont de Tagoulast.
6: Pic aux flancs abrupts (3OOO m), voisin de Lalla Tazerzemt (3285 m), tous deux dominant les gorges du torrent Timouta (Magdaz) dans un paysage très tourmenté.
René Euloge
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Photo: Xavier Richer
Audio-Djurdjura
envoyé par tigwenn
09 novembre 2008
Bergère
Tameksaout
(Bergère)
.
Bergère, reste au pays, bergère !
Entends la voix de Mririda.
Comme tu es sans parents, on te trompe…
Ne change pas ton bon pain d’orge
Contre le pain blanc qu’on te promet…
Que crois-tu donc faire à la ville ?
Si tu savais ce qui t’attend !
.
Il faudra te livrer aux hommes
Si tu veux manger et dormir.
Tu passeras de l’un à l’autre,
Il n’y a rien d’autre pour toi…
Tu seras prise et entraînée
Par la paresse et la débauche
Sans pouvoir rebrousser chemin.
Si sans honte, tu reviens au pays,
Tu seras chassée et maudite…
Si tu savais ce qui t’attend !
.
Les regrets te feront mourir…
Le grand bol « d’askif » du matin,
L’hiver, la neige sur Tazerzemt,
Et la terrasse ensoleillée,
La vache qui mugit à l’étable.
Tes chansons, tu les regretteras
Chaque fois qu’un homme t’étreindra…
.
La Tassaout et ses noyers,
Le troupeau bêlant à l’ « azib »,
Le lait, le beurre de la maison,
Le mulet qui te connaissait bien,
Ton chien, tu les regretteras
Chaque fois qu’un homme t’étreindra…
.
… Jeune bergère de ma vallée,
Entends la voix de Mririda,
Si tu savais ce qui t’attend !
La ville est pour toi le cimetière !*
Bergère, reste au pays, bergère…
.
"Les chants de la Tassaout"
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* La ville se dit: "mdint". C'est aussi le cimetière ("mdint")
René Euloge


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Sujet malheureusement toujours d'actualité!
A certaines, on a promis le mariage, une belle maison, une nouvelle famille. A d’autres, c’est un travail, fixe et bien payé, qu’on a laissé miroiter : coiffeuse, esthéticienne, infirmière. Difficile de résister depuis Douala, Accra ou Lagos aux lumières européennes : elles sont parties, mais du paradis des Blancs, elles n’ont connu que les nuits poisseuses et les mauvais traitements. Sur le trottoir parisien, elles sont devenues des prostituées, des « Blackettes », comme elles se nomment elles-mêmes.
D’où viennent les filles ? Au village, on a souvent promis à des parents plus ou moins dupes de les faire bénéficier d’une éducation, source, à terme, d’une manne financière souvent indispensable...
Elisabeth Lequeret: Mfi hebdo





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