Ifrikia mia fel mia

Ne juge pas le grain de poivre à sa petitesse ; goûte-le et tu verras comme il pique.

13 septembre 2007

Coeurs en symbiose

Tes yeux étaient comme une douce caresse,
Tes mots avaient le goût du vin et de l'ivresse
Et je buvais allègrement à tes lèvres gourmandes
Ce succulent nectar dont j'étais friande.

Tes_yeux

Dans tes mots, dans tes gestes, des promesses
Tes mains sur mon corps, douce tendresse
Ton regard amoureux calmant mon attente
Et de doux baisers sur ma main frémissante.

Tes_mains

Il n'y avait plus que douceur et allégresse
Dans ce huit clos sensuel, plein de délicatesse
Et plus aucun contrôle, l'amour en turbulence
L'amour à fleur de peau, l'amour en abondance.

L_Amour

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08 septembre 2007

Il pleure dans mon coeur

Il pleure dans mon coeur

Paul Verlaine (1844-1896)

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Josette_Mercier

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

pluie

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

tristesse

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

coeur_larme

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07 août 2007

Mon bras pressait ta taille frêle...

Victor Hugo

( Recueil: Les contemplations)

*

Mon bras pressait ta taille frêle
Et souple comme le roseau ;
Ton sein palpitait comme l'aile
D'un jeune oiseau.

couple

Longtemps muets, nous contemplâmes
Le ciel où s'éteignait le jour.
Que se passait-il dans nos âmes ?
Amour ! Amour !


couple2

Comme un ange qui se dévoile,
Tu me regardais, dans ma nuit,
Avec ton beau regard d'étoile,
Qui m'éblouit.

couple3

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31 juillet 2007

Le ciel est ...

Extrait De Sagesse
Par Paul Verlaine

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme!

Photo_Tigwenn_1

Un arbre, par-dessus le toit
Berce sa palme.

Photo_Tigwenn_2

La cloche dans le ciel qu'on voit
Doucement tinte.

Cloche_photo__Patrick_Le_Chevroir

Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.

Moineau_Photo__Yves_Forgues

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.
- Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse?

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14 juillet 2007

Ni le vent ni les nuages…

Le vent emporte les feuilles sèches des noyers,
La paille blonde laissée sur l’aire à battre,
Et le linge oublié sur le haut de la terrasse.

Feuilles

Linge

Les nuages blancs roulent dans le ciel,
Se poursuivent sur les monts des Gens des Brebis
Et s’en vont à jamais, chargés de pluie.

Nuages

Les eaux grondantes et rapides de la Tassaout
Entraînent sans répit les branches brisées
Et les galets polis, nuit et jour, à grand bruit.

Galets

Les premiers froids d’automne chassent les palombes
Qui s’envolent des peupliers dépouillés
Et descendent en silence la vallée enneigée.

palombe

Mais ni le vent, ni les nuages,ô mon cœur !
Ni le torrent, ni les palombes,ô mon cœur !
N’emporteront mon noir chagrin…

larmes

*

Mririda N’Aït Attik

Les chants de la Tassaout

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09 juillet 2007

Harmonie

Soleil son visage, Nuit sa chevelure

Safie___Bagdad_1900

Peinture

William Clarke Wontner

*

Je sacrifie mon âme aux belles arabes distantes !
Comme elles se jouent de moi qui embrasse leurs demeures !
Si tu t'égares derrière elles,
L'effluve qu'elles exhalent t'indique le chemin.
Et si la nuit sans lune descend sur moi,
En évoquant leur souvenir, je chemine dans l'éclat de la lune.
Et si nuitamment je poursuis leurs montures,
La nuit devient pareille au soleil du matin.
J'en courtisai une
A la beauté suprême.
Se dévoile-t-elle, ce qu'elle montre est lumière
Comme un soleil sans mélange.
Soleil son visage, nuit sa chevelure,
Merveille d'image du soleil et de la nuit réunis !
Nous sommes dans la nuit en pleine lumière du jour,
Et nous sommes à midi dans une nuit de cheveux !


Ibn Arabi

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04 juillet 2007

La fibule

Le coeur n'a jamais de rides. Il n'a que des cicatrices.

(Francis Carco)

*

La fibule

fibule

« Grand-mère ! Grand-mère ! depuis qu’il est parti,
Je ne songe qu’à lui et je le vois partout…
Il m’a donné une belle fibule d’argent,
Et lorsque j’ajuste mon haïk sur mes épaules,
Lorsque j’agrafe le pan sur mes seins,
Lorsque je l’enlève, le soir, pour dormir,
Ce n’est pas la fibule, mais c’est lui que je vois !
-Ma petite fille, jette la fibule et tu l’oublieras
Et du même coup tu oublieras tes tourments…
-…Grand-mère, depuis bien des jours, j’ai jeté la fibule,
Mais elle m’a profondément blessé la main.
Mes yeux ne peuvent se détacher de la rouge cicatrice,
Quand je lave, quand je file, quand je bois…
Et c’est encore vers lui que va ma pensée !
-Ma petite fille, puisse Dieu guérir ta peine !
La cicatrice n’est pas sur ta main, mais dans ton cœur »

Mririda N'Aït Attik 

(Poétesse berbère, année 20 environ)

*

Femme_berb_re

Peinture

Emile Vernet-Lecomte (1870)

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19 juin 2007

Un baiser est une friandise

qui ne fait pas grossir.

Soif d'un baiser

(Germain Nouveau 1851-1920)

Comme une ville qui s'allume
Et que le vent vient d'embraser,
Tout mon cœur brûle et se consume,
J'ai soif, oh ! j'ai soif d'un baiser.

Baiser de la bouche et des lèvres
Où notre amour vient se poser,
Plein de délices et de fièvres,
Ah ! j'ai soif, j'ai soif d'un baiser !

Baisers

Baiser multiplié que l'homme
Ne pourra jamais épuiser,
Ô toi, que tout mon être nomme,
J'ai soif, oui, j'ai soif d'un baiser.

Fruit doux où la lèvre s'amuse,
Beau fruit qui rit de s'écraser,
Qu'il se donne ou qu'il se refuse,
Je veux vivre pour ce baiser.

Baiser d'amour qui règne et sonne
Au cœur battant à se briser,
Qu'il se refuse ou qu'il se donne,
Je veux mourir de ce baiser.

bisouspl

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14 juin 2007

Le réveil

Le réveil

nature22

Le_Reveil

Josette Mercier

Si tu m'appartenais (faisons ce rêve étrange ! ),
Je voudrais avant toi m'éveiller le matin
Pour m'accouder longtemps près de ton sommeil d'ange,
Egal et murmurant comme un ruisseau lointain
.

J'irais à pas discrets cueillir de l'églantine,
Et, patient, rempli d'un silence joyeux,
J'entr'ouvrirais tes mains, qui gardent ta poitrine,
Pour y glisser mes fleurs en te baisant les yeux.


Et tes yeux étonnés reconnaîtraient la terre
Dans les choses où Dieu mit le plus de douceur,
Puis tourneraient vers moi leur naissante lumière,
Tout pleins de mon offrande et tout pleins de ton coeur.


Oh ! Comprends ce qu'il souffre et sens bien comme il aime,
Celui qui poserait, au lever du soleil,
Un bouquet, invisible encor, sur ton sein même,
Pour placer ton bonheur plus près de ton réveil !

René-François SULLY PRUDHOMME
(Recueil : Les solitudes) (1839-1907)
 

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27 mai 2007

La lune

Depuis la nuit des temps, la lune intrigue et fascine

Lune_mosaiques

La lune est bien connue pour son influence sur toutes les marées du globe, qui est considérable.
Mais son rôle ne s'arrête pas là.
De nombreux corps de métiers le savent et continuent à suivre ses évolutions.
Les agriculteurs suivent de près ses évolutions car ils connaissent le rôle que joue la lune sur la croissance des cultures.
les coiffeurs disent que les cheveux coupés lors de la nouvelle lune repousserons plus vite.
Les sages femmes et le personnel hospitalier en général ont observé qu'ils avaient plus de travail les jours de pleine lune.
Et en astrologie, son influence est forte dans les thèmes astraux, oû elle symbolise la féminité, la maman, la petite enfance, la sensibilité...

Je vous propose en illustration un joli poème de Mririda n’Aït Attik,  une femme berbère courtisane et poétesse.

mriridat

Invocation à la lune

Lune, O lune! Soleil de la nuit,
Qui fais et défais les saisons,
Toi dont la toute puissance donne à la Terre
Les nuits qui engendrent la fécondité,
Toi qui as appris aux gens de la glèbe
Les jours propices et les jours néfastes
Aux multiples travaux des champs;
Lune, toi qui décides des naissances et des éclosions,
Toi qui rends la semence stérile ou généreuse,
Toi qui fais souffler les brûlants vents nocturnes
Desséchant et tuant le coeur des orges tendres,
Toi qui fait s'appesantir le manteau des funestes gelées,
Nous implorons ta clémence, infimes que nous sommes.
O Faucille de la main fortunée
O Faucille de la mauvaise main
O meule d'or qui moud le blé des étoiles
Aire d'or des nuits des étés et des hivers
Au milieu du céleste chemin de paille
Nous appelons l'aide de Dieu et ta baraka
Afin que tu ne nous dispenses que du bien,
Que nos travaux connaissent une heureuse fin
Et que l'année soit favorable aux humains!

Traduction: René Eulope

Vous pouvez écouter 1 autre de ses poèmes en version illustrée en cliquant sur:

"Izza"

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