02 juillet 2008
Manis idda ? *
Un petit poème de Mririda, ça faisait longtemps!
* Où est-il parti?

Où est-il parti, mon aimé, où est-il parti?
Ici, ni moi ni les voisins ne peuvent le savoir
Car notre vallée est petite et le monde immense.
Mon cœur se déchire peu à peu chaque jour
Comme s'écarte la béante lézarde du mur.
Est-il soldat ou bien chez les gens de Dar-Beida (1) ?
Pour mettre de la braise sur ma blessure ouverte
Sa mère prétend qu'il est avec ceux de Bordeaux (2),
Et que plus tard, la sacoche pleine à craquer,
Il reviendra pour épouser une autre, une autre...
Moi, je ne crois pas qu'il ait franchi la mer.
Même si son amour pour moi s'est éteint peu à peu
Comme blanchissent les cendres chaudes du foyer,
A son retour son cœur réveillé me reconnaîtra.
La clématite coupée remonte toujours à l'arbre.
Et je saurai être le tronc qu'il voudra encore étreindre.
Où est-il parti, mon aimé, où est-il parti?...
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"Les chants de la Tassaout"
Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom.
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(1) Dar-Beida: Littéralement "Maison Blanche". Casablanca
(2) Durant la guerre de 1914-1918, on recrutait de nombreux travailleurs qui s'embarquaient pour Bordeaux. Depuis, l'expression "Gens de Bordeaux" s'applique aux travailleurs employés en France, et les berbères en constituent la majorité.
René EULOGE
12 juin 2008
L'effet papillon...
La pauvre fleur disait au papillon céleste
La pauvre fleur disait au papillon céleste :
- Ne fuis pas !
Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
Tu t'en vas !
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Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
Et loin d'eux,
Et nous nous ressemblons, et l'on dit que nous sommes
Fleurs tous deux !
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Mais, hélas ! L’air t'emporte et la terre m'enchaîne.
Sort cruel !
Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
Dans le ciel !
.
Mais non, tu vas trop loin ! - Parmi des fleurs sans nombre
Vous fuyez,
Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
A mes pieds.
.
Tu fuis, puis tu reviens ; puis tu t'en vas encore
Luire ailleurs.
Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
Toute en pleurs !
.
Oh ! Pour que notre amour coule des jours fidèles,
Ô mon roi,
Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
Comme à toi !
Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil : Les chants du crépuscule)
28 mai 2008
Histoire d'un galet...
Le galet
Rien n'a tellement d'importance dans la vie,
disent les sages, les malchanceux, les résignés.
D'autres assurent qu'il faut faire autant de cas
Des plus infimes comme des plus grands évènements.
Et cette histoire, mon voisin, - que Dieu t'inspire! -
Tu l'agréeras comme tu l'entendras...
******
Il était un galet plat et poli, au bord du torrent.
Il était une jeune mariée qui vint se laver les pieds.
Elle aperçut le joli galet, s'en frotta les talons
Et l'emporta pour l'utiliser chaque jour.
Elle eut soin de le graver d'un signe.
Elle le posa sur sa fenêtre. Une poule le fit tomber.
Le beau-père s'en saisit pour chasser un chien.
Pour jouer, le chien le prit dans sa gueule.
Un marchand l'employa pour peser de la laine.
Un berger le ramassa pour abattre des noix.
En retombant, le galet s'en fut frapper un enfant.
Le père de l'enfant emmena le berger chez le caïd,
Sans oublier le galet. Le caïd de mauvaise humeur,
Infligea un mois de geôle au plaignant abasourdi.
En souvenir de cette injustice, celui-ci conserva le galet,
Et, enfin libéré, le lança contre des corneilles
Qu'il trouva pillant son champ de maïs.
Le galet vient rouler aux pieds d'une gardeuse de vaches
Qui s'écria: " La jolie ' tmammat' *, bien en main!"
Or, la vieille était la belle-mère de la jeune mariée
Qui fut bien surprise de reconnaître son froittoir *.
Elle eût été bien plus étonnée encore
Si elle avait su comment il lui était revenu!
... Les choses les plus extraordinaires ne doivent nous étonner
Car dans ce bas-monde tout est dans la volonté de Dieu *
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"Les chants de la Tassaout"
Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom.
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* La " tmammat" est la pierre avec laquelle la femme enfonce les deux coins de bois qui serrent plus ou moins la meule gisante du moulin à mains, afin d'obtenir une mouture fine ou grossière.
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* Les femmes berbères se lavent soigneusement les jambes en se servant d'une pierre polie pour enlever la "crasse des pieds" ("ifourchane")
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* Pas un jour sans qu'un berbère n'ait l'occasion de prononcer cette expression "Kra igat tag-haoussa slâmer n-Rbbi"".
22 mai 2008
Malika
Malika
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A la rivière, elle m'est apparue, dévêtue.
Elle avait posé sa tunique et sa ceinture de laine
Et, tel un chardonneret, son foulard jaune et rouge.
Elle se croyait seule sous les saules bleus,
Malika toute nue, Malika, joie de mes yeux.
Elle surpassait le soleil en splendeur.
Elle effaçait la lune par son éclat.
Chacun de ses gestes était un émerveillement.
Elle a levé la tête et vite, vite, trop vite,
Elle s'est accroupie dans l'eau claire,
La tête seulement hors de l'eau claire...
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Ses yeux affligés brillaient de colère
Et de peur aussi, quand je me suis approché:
" Pardonne-moi, ô Malika! Je n'ai mauvaise intention
Et ne t'ai point suivie pour te surprendre..."
Mais, de son corps encore plus blanc dansl'eau claire,
Comment pourrais-je détacher mes regards?
Il surpasse le soleil en spendeur.
Il efface la lune par son éclat.
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Elle a dit: " Que Dieu te rende aveugle et muet! "
Je me suis tu et j'ai mis ma main droite sur mes yeux.
Ses malédictions et ses larmes m'ont percé le cœur.
Alors, je me suis éloigné, honteux devant sa honte...
Depuis qu'elle m'est apparue dévêtue,
Malika toute blanche à l'abri des saules bleus,
Elle s'enfuit dès qu'elle m'aperçoit,
Serrant sa tunique et cachant son visage.
Elle ne veut ni m'accorder un regard
Ni répondre à mon meilleur salut.
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Elle me hait, Malika, c'est chose certaine,
Parce que je l'ai vue dévêtue, Malika
Seule et blanche à l'abri des saules bleus.
Et depuis ce jour-là, je ne songe quà elle,
Telle que je l'ai vue, toute nue, à l'abri des saules...
Malika, seras-tu donc toujours sans pitié
Parce que je t'ai surprise, Malika toute nue,
Malika toute blanche sous les saules bleus?
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"Les chants de la Tassaout"
Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom.
18 mai 2008
Elle ne savait pas...
Elle ne savait pas...
*
*
La petite chèvre insouciante à la chair tendre
Toute parfumée des herbes de montagnes
Et le vieux berger le sait bien, pour servir son maître...
Il l'appelle. Elle cesse de brouter, lève la tête.
Elle accourt avec des béguètements joyeux.
La lame aiguisée du berger n'est pas pour l'effrayer.
Qu'a-t-elle à redouter? La journée est si belle!
Une vraie journée de festins et de jeux
Pour les petites chèvres, heureuses de vivre!
Jamais l'herbe fraîche n'a été aussi sapide
Et l'eau fuyante du ruisseau, aussi claire...
Confiante, elle accourt vers son ami
Dont la grosse voix lui est familière
Et qui la mène chaque matin sur les pacages d'Islatène.
La gourmande! Peut-être a-t-il une pincée de sel blanc?
Ou une poignée d'orge nouvelle! La gourmande!
Le berger l'a déjà couché sur le sol... C'est fait!
La petite chèvre ne savait pas qu'elle allait mourir...
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"Les chants de la Tassaout"
Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom.
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Mririda avait élevé pendant quelques mois une petite chèvre au pelage soyeux et bleu comme les fleurs de lin. Une merveille de petite chèvre bleue des Aït Bou Ou Guemmez, qui répondait au nom de Zerga. Devenue encombrante et ayant troqué son beau manteau bleu-ciel contre une livrée anthracite, Zerga fut jugée indésirable, bien qu'elle fût attachée à sa maîtresse comme un chien.
En s'en séparant, Mririda me disait: "C'est comme une femme qui n'est plus jeune. Elle a cessé de plaire".
Elle ajoutait: "C'est la vie..."
C'est à la petite chèvre bleue des Aït Bou Ou Guemmez que nous devons ce poème simple comme une journée de berger berbère, que Mririda récitait à mi-voix, avec plus d'émotion qu'elle ne voulait le laisser paraître...
René Euloge
14 mai 2008
Le chemin de l'oubli
Lors de mon séjour au Maroc, j'ai fait l'acquisition d'un joli livre de poèmes, "Les chants de la Tassaout" de Mririda N'Aït Attik, poètesse berbère née dans les années 20!
Ces poèmes ont été traduits du dialecte Tachelhaït par RENE EULOGE, instituteur.
Il fut sans doute, au début des années 20, le 1er étranger à parcourir les régions reculées du Grand Atlas, ses plus hauts sommets et ses plus profondes vallées.
Vous pouvez admirer les photos de cette belle vallée chez mon ami Photoeil dans son billet " LA TESSITURE DE LA TASSAOUT "
Durant ces années passées auprès de ses amis berbères des hautes vallées, il acquière la maîtrise parfaite du dialecte Tachelhaït et accumule une masse considérable de documents écrits et photographiques sur l'Atlas.
Petite indroduction, indispensable pour planter le décor!
Par René Euloge
" Pour traduire de tels poèmes, la pratique de la langue et une profonde connaissance des rites et des us et coutumes sont nécessaires. Mais cette condition étant remplie, comment rendre tout le charme de ces images, de ces allusions, de ces jeux de mots qui n'ont d'équivalents dans notre langue?
La traduction la plus fidèle ou la plus adroite ne parvient pas à restituer pleinement la saveur d'une telle poésie. J'en suis convaincu après avoir passé de longues années dans l'intimité des populations berbères.
Faut-il préciser que le dialecte tachelhaït est une langue antique parlée encore aujourd'hui mais dont l'écriture est tombée en désuétude depuis un temps immémorable.
Je me suis refusé à falsifier, à farder, à dépersonnaliser Ces chants de la Tassaout en leur concédant la richesse et les subtilités de la langue française et les ingéniosités savantes de la culture. Aussi, me suis-je gardé de les métamorphoser en vers français rimés avec art!
Les Chants de la Tassaout sont empreints de superstitions préislamiques et parsemés d'invocations à Dieu, aux saints protecteurs, aux genies de la montagne. Religion et magie s'y confondent. Il s'y rencontre plus d'amertume que d'enjouement et les accents en sont plus sévères que souriants. Mais ils gardent toujours un fond de sensualisme et d'observation à la fois attendrie, ironique et désabusée.
Tous les poèmes de ce recueil ne sont pas de la propre inspiration de Mririda mais ceux qu'elle devait à une ancestrale tradition orale, ou, plus récents, ceux du troubadour Ali d'Ibakellioum
Mais qui était Mririda?
Elle se disait native du village de Magdaz. Elle vendait ses charmes au zouk d'Azilal! Elle n'avait pas trente ans. Jolie, elle ne l'était point, malgré des yeux immenses au regard expressif
Mais au souk d'Azilal, qui pouvait prêter une véritable attention à son talent de poètesse et de chanteuse? Les sous-officiers français ne se souciaient guère de poèmes et de chants pour eux inintelligibles.
Quant aux " clients " indigènes, goumiers, conducteurs de camions, marchands et fellahs, ils manifestaient le mépris le plus total pour la poésie de Mririda. Le plaisir qu'ils venaient chercher, ils le trouvaient auprès des filles du souk! "
Photo: Patrick Flament
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J'ai déjà mis quelques uns de ses poèmes en ligne que j'ai découvert grâce au net! Maintenant que je suis en possession de ce recueil, je vous ferai découvrir de temps en temps les ballades de la Tassaout!
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Le chemin de l’oubli
Qu'il est loin derrière moi le jour de mon départ,
Le noir matin où j'ai quitté la maison,
Mon père, ma mère, mes frères et mes amis
Et celle que j'aimais et qui ne m'aimait pas.
Mes yeux battus, mes rides et ma barbe grise
Me disent qu'il est loin le temps de ma jeunesse
Lorsque le dépit et l'orgueil me poussèrent au départ,
Puisque celle que j'aimais, elle ne m'aimait pas...
*
Alors, j'ai pris la route, la route du chagrin,
La route des durs labeurs, la route de la faim,
La route de la colère, de la rancune, des malédictions,
Des amours de rencontre qui sont du désespoir.
Mon amertume s'est atténuée saison après saison
Comme fond l'horizon dans la brume du soir.
Plus guère ne me souviens du jour de mon départ,
Lorsque j'aimais encore celle qui ne m'aimait pas...
*
Chaque saison est venue s'ajouter aux autres
Comme chaque pierre nouvelle aux pierres du "kerkour" *
Qui écrasent la première gisant tout au-dessus.
Les années mieux que les pierres écrasent et ensevelissent.
Et je sais à présent ce qu'elle était, ma route,
La route prise autrefois, le chemin de l'oubli...
Je ne l'aurais pas connue en restant au village,
Mais celle que j'aimais, elle ne m'aimait pas.
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Mririda N'Aït Attik
* Kerkour: Tumulus, cairn élevé sur la tombe d'un saint ou sur le lieu où il a fait halte, ou bien au point le plus élevé d'un col.
18 janvier 2008
L'espoir est comme le ciel des nuits...
Il n'est pas coin si sombre où l'oeil qui s'obstine ne finisse par découvrir une étoile.
[Octave Feuillet]
![]()
Espoir
De Naim Araide
Je suspends encore mes espoirs
aux repères du rivage
qui se prépare à l’été
l’anneau de sable se moque du sens de l’écriture
et le cycle des vagues ne se voit pas à l’oeil nu.

Je suis l’ami de l’ami de la mer
et l’ennemi de l’ennemi de la terre
entre les deux rien sinon l’air
se mêlant parfois au vent rapide
se traînant parfois comme une tortue.
Entre célérité et lenteur
je respire la solitude qui demeure.

Ma montre ne sert plus à personne
sauf à celui qui la porte
le temps s’attarde
d’un côté à l’autre
de la mer

Seul qui l’aime marque un lieu
aussi je suspends encore mes espoirs
à l’échafaud d’un espoir lointain
tantôt ici tantôt là
et quand viendra l’heure
ma montre restera sans poignet.

Lien photo: "voir ou regarder"
24 novembre 2007
Jeune fille, l'amour, c'est d'abord un miroir
Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil : Les voix intérieures)
Jeune fille, l'amour, c'est d'abord un miroir
Où la femme coquette et belle aime à se voir,
Et, gaie ou rêveuse, se penche ;
Puis, comme la vertu, quand il a votre coeur,
Il en chasse le mal et le vice moqueur,
Et vous fait l'âme pure et blanche ;

Puis on descend un peu, le pied vous glisse... - Alors
C'est un abîme ! en vain la main s'attache aux bords,
On s'en va dans l'eau qui tournoie ! -
L'amour est charmant, pur, et mortel. N'y crois pas !
Tel l'enfant, par un fleuve attiré pas à pas,
S'y mire, s'y lave et s'y noie.

16 octobre 2007
Tout dans le regard...
LES YEUX D'ELSA
(Louis Aragon 1897-1982)
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir s'y mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés,
Tes yeux sont si profonds que j'y perd la mémoire.

Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel après la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure.

Une bouche suffit au mois de Mai, des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les " hélas ! "
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux.

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août.

J'ai retiré ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
O paradis cent fois retrouvé, reperdu,
Tes yeux sont mon Pérou, ma Colconde, mes Indes

Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que des naufrageurs enflammèrent,
Moi, je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa... les yeux d'Elsa... les yeux d'Elsa ...

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03 octobre 2007
Après les pleurs, un sourire :)
Et un sourire
(Et même plusieurs!)
La nuit n'est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l'affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un coeur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie à se partager.
Paul Eluard














