02 juillet 2008
Manis idda ? *
Un petit poème de Mririda, ça faisait longtemps!
* Où est-il parti?

Où est-il parti, mon aimé, où est-il parti?
Ici, ni moi ni les voisins ne peuvent le savoir
Car notre vallée est petite et le monde immense.
Mon cœur se déchire peu à peu chaque jour
Comme s'écarte la béante lézarde du mur.
Est-il soldat ou bien chez les gens de Dar-Beida (1) ?
Pour mettre de la braise sur ma blessure ouverte
Sa mère prétend qu'il est avec ceux de Bordeaux (2),
Et que plus tard, la sacoche pleine à craquer,
Il reviendra pour épouser une autre, une autre...
Moi, je ne crois pas qu'il ait franchi la mer.
Même si son amour pour moi s'est éteint peu à peu
Comme blanchissent les cendres chaudes du foyer,
A son retour son cœur réveillé me reconnaîtra.
La clématite coupée remonte toujours à l'arbre.
Et je saurai être le tronc qu'il voudra encore étreindre.
Où est-il parti, mon aimé, où est-il parti?...
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"Les chants de la Tassaout"
Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom.
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(1) Dar-Beida: Littéralement "Maison Blanche". Casablanca
(2) Durant la guerre de 1914-1918, on recrutait de nombreux travailleurs qui s'embarquaient pour Bordeaux. Depuis, l'expression "Gens de Bordeaux" s'applique aux travailleurs employés en France, et les berbères en constituent la majorité.
René EULOGE




