Ifrikia mia fel mia

Ne juge pas le grain de poivre à sa petitesse ; goûte-le et tu verras comme il pique.

30 mai 2008

Aurions-nous un langage différent?

Langage des Femmes?

> Oui = non
> Non = oui
> Peut- être = non
> Je suis désolée = tu vas le regretter
> J'aurais besoin = je veux
> C'est ta décision = tu te trompes
> Fais ce que tu veux = tu vas payer pour ça plus tard
> Je voudrais te parler = je veux me plaindre
> D'accord, vas-y = je ne veux pas que tu le fasses
> Je ne suis pas fâchée = bien sûr que je suis fâchée
> T'es viril = ta barbe est trop longue et puis tu transpires trop
> Sois romantique, éteins les lumières = j'me trouve grosse, j'veux pas que tu me voies
> Cette cuisine n'est pas très pratique = je veux une nouvelle maison
> Je voudrais de nouveaux rideaux = ...et un nouveau tapis et des meubles...
> J'ai entendu un bruit = j'ai vu que tu étais presque endormi
> M'aimes-tu ? = j'ai quelque chose à te demander qui va coûter cher
> M'aimes-tu beaucoup ? = j'ai fait quelque chose que tu ne vas pas aimer
> Je suis prête dans une minute = enlève tes souliers, assieds-toi et regarde la télé
> Il faut que tu apprennes à communiquer = il faut que tu apprennes à être d'accord avec ce que je dis

Cerveau_f_minin
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Langage des Hommes?

> Oui = Oui
> Non = Non
> J'ai faim = j'ai faim
> Je suis fatigué = je suis fatigué
> Veux-tu aller au cinéma ? = après on pourrait...
> Veux-tu diner au resto ? = je me sens d'humeur très généreuse...
> Veux-tu danser ? = ce soir, je suis en super forme...
> T'as une belle robe = t'as un beau décolleté... si on faisait l'amour ?
> T'as l'air tendue, veux-tu un massage ? = je sais comment te détendre...
> Qu'est-ce que t'as ? = j'imagine qu'on ne fait rien ce soir?
> C'est pas terrible à la télé... = on monte?
>Je t'aime = J'ai envie de toi 
>Moi aussi je t'aime = bon, t'es contente ? Est-ce qu'on peut passer aux choses sérieuses maintenant !
>Ca te va bien ta nouvelle coupe de cheveux = j'aimais mieux avant
>Il faut qu'on se parle = je vais te montrer que je peux etre un homme attentif... 
>Veux-tu m'épouser ? = je veux que tu ne sois qu'à moi!

Cerveau_masculin

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Posté par Tigwenn à 09:15 - Humour - Commentaires [18] - Permalien [#]

28 mai 2008

Histoire d'un galet...

Le galet

Rien n'a tellement d'importance dans la vie,

disent les sages, les malchanceux, les résignés.

D'autres assurent qu'il faut faire autant de cas

Des plus infimes comme des plus grands évènements.

Et cette histoire, mon voisin, - que Dieu t'inspire! -

Tu l'agréeras comme tu l'entendras...

******

galet

Il était un galet plat et poli, au bord du torrent.

Il était une jeune mariée qui vint se laver les pieds.

Elle aperçut le joli galet, s'en frotta les talons

Et l'emporta pour l'utiliser chaque jour.

Elle eut soin de le graver d'un signe.

Elle le posa sur sa fenêtre. Une poule le fit tomber.

Le beau-père s'en saisit pour chasser un chien.

Pour jouer, le chien le prit dans sa gueule.

Un marchand l'employa pour peser de la laine.

Un berger le ramassa pour abattre des noix.

En retombant, le galet s'en fut frapper un enfant.

Le père de l'enfant emmena le berger chez le caïd,

Sans oublier le galet. Le caïd de mauvaise humeur,

Infligea un mois de geôle au plaignant abasourdi.

En souvenir de cette injustice, celui-ci conserva le galet,

Et, enfin libéré, le lança contre des corneilles

Qu'il trouva pillant son champ de maïs.

Le galet vient rouler aux pieds d'une gardeuse de vaches

Qui s'écria: " La jolie ' tmammat' *, bien en main!"

Or, la vieille était la belle-mère de la jeune mariée

Qui fut bien surprise de reconnaître son froittoir *.

Elle eût été bien plus étonnée encore

Si elle avait su comment il lui était revenu!

... Les choses les plus extraordinaires ne doivent nous étonner

Car dans ce bas-monde tout est dans la volonté de Dieu *

.

Mririda N’Aït Attik

.

"Les chants de la Tassaout" 

Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom.

.

* La " tmammat" est la pierre avec laquelle la femme enfonce les deux coins de bois qui serrent plus ou moins la meule gisante du moulin à mains, afin d'obtenir une mouture fine ou grossière.

.

* Les femmes berbères se lavent soigneusement les jambes en se servant d'une pierre polie pour enlever la "crasse des pieds" ("ifourchane")

.

* Pas un jour sans qu'un berbère n'ait l'occasion de prononcer cette expression "Kra igat tag-haoussa slâmer n-Rbbi"".

Posté par Tigwenn à 09:30 - Poésie - Commentaires [10] - Permalien [#]

26 mai 2008

Fait maison!

Le pain est un aliment de base dans toutes les sociétés. Il est fabriqué à partir de farine, de levure ou levain, de sel et d'eau. Dans le pain marocain, on rajoute de la semoule fine!

La boulangerie se trouvant à côté de chez moi n'étant pas une vraie boulangerie mais plutôt un endroit où le pain n'a pas de saveur ni de croustillant! On appelle ce commerce un "Terminal  de cuisson" ou bien un décongélateur à magasins multiples ouvert 12h par jour, alors de temps en temps je fais mon pain comme ce matin! Car un repas sans bon pain c'est comme... un champagne sans bulles  bulles... une vie sans amour... _love2

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Bon appétit! 

Posté par Tigwenn à 14:45 - Gourmandise - Commentaires [18] - Permalien [#]

22 mai 2008

Malika

Malika

.

A la rivière, elle m'est apparue, dévêtue.

Elle avait posé sa tunique et sa ceinture de laine

Et, tel un chardonneret, son foulard jaune et rouge.

Elle se croyait seule sous les saules bleus,

Malika toute nue, Malika, joie de mes yeux.

Elle surpassait le soleil en splendeur.

Elle effaçait la lune par son éclat.

Chacun de ses gestes était un émerveillement.

Elle a levé la tête et vite, vite, trop vite,

Elle s'est accroupie dans l'eau claire,

La tête seulement hors de l'eau claire...

.

Malika

.

Ses yeux affligés brillaient de colère

Et de peur aussi, quand je me suis approché:

" Pardonne-moi, ô Malika! Je n'ai mauvaise intention

Et ne t'ai point suivie pour te surprendre..."

Mais, de son corps encore plus blanc dansl'eau claire,

Comment pourrais-je détacher mes regards?

Il surpasse le soleil en spendeur.

Il efface la lune par son éclat.

.

d_v_tue

.

Elle a dit: " Que Dieu te rende aveugle et muet! "

Je me suis tu et j'ai mis ma main droite sur mes yeux.

Ses malédictions et ses larmes m'ont percé le cœur.

Alors, je me suis éloigné, honteux devant sa honte...

Depuis qu'elle m'est apparue dévêtue,

Malika toute blanche à l'abri des saules bleus,

Elle s'enfuit dès qu'elle m'aperçoit,

Serrant sa tunique et cachant son visage.

Elle ne veut ni m'accorder un regard

Ni répondre à mon meilleur salut.

.

visage

.

Elle me hait, Malika, c'est chose certaine,

Parce que je l'ai vue dévêtue, Malika

Seule et blanche à l'abri des saules bleus.

Et depuis ce jour-là, je ne songe quà elle,

Telle que je l'ai vue, toute nue, à l'abri des saules...

Malika, seras-tu donc toujours sans pitié

Parce que je t'ai surprise, Malika toute nue,

Malika toute blanche sous les saules bleus?

.

saule_bleu

.

Mririda N'Aït Attik

.

"Les chants de la Tassaout" 

Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom. 

Posté par Tigwenn à 10:30 - Poésie - Commentaires [14] - Permalien [#]

21 mai 2008

La main de Fatma

Désormais, je suis protégée contre le mauvais œil  ClinOeil

J’ai reçu en cadeau lors de mon séjour au Maroc, ce joli collier, représentant la main de Fatma !

.

La_main_de_Fatma

.

Depuis, il ne me quitte plus!

.

Collier

.

Pourtant, je suis plutôt du genre cartésienne, pas du tout superstitieuse, enfin si un peu  smiley_smile ... Pas de parapluie ouvert dans la maison et jamais de passage sous une échelle

  rire

A l'époque dans les pays du Maghreb, les croyances magiques prenaient une place non négligeable dans la vie quotidienne. . Les amulettes et talismans permettaient l'expression de ces croyances, tout comme le talent des artistes qui les façonnaient.

La main de Fatma -khamsa- était portée aussi bien par les musulmanes que par les juives, par coquetterie ou par superstition. Elle est toujours porté de nos jours.

Histoire de la main

.

La main droite doit être levée et de face.
La main transmet la puissance, la protection, l'offrande, ou la bénédiction. Symbole du don et du langage écrit.
La main est l'une des plus vieilles représentations mythologiques
connues dans le monde de l'Islam,
jouant toujours le rôle protecteur contre le mauvais oeil.

La khamsa ou la main de Fatma 
(et par extension le chiffre 5 "khamsa")
agit comme une sorte de rempart visuel
entre le
regardeur et le regardé

Elle est le symbole de la providence pour les musulmans,
la main est aussi la synthèse de la loi du Prophète

En effet , celle-ci contient 5 dogmes
ou préceptes fondamentaux correspondant aux
5 doigts.
Ceux-ci forment 14 phalanges, et 28 pour les deux
sur lesquelles se répartissent les 28 lettres de l'alphabet (hurûf) :
les 14 lumineuses sur la main droite liée au Sud
et les 14 obscures sur la main gauche liée au nord.

De la même manière que les doigts
sont soumis à l'unité de la main qui leur sert de base,
les cinq préceptes fondamentaux liés à la Khamsa
prennent leur source dans l'unité de Dieu
.

Dans les pays musulmans,
on place à l'intérieur ou à l'extérieur des maisons
une main sculptée ou dessinée

et on braque les 5 doigts de la main droite
vers la personne susceptible d'avoir le
mauvais oeil.

Source : La main de Fatma

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18 mai 2008

Elle ne savait pas...

Elle ne savait pas...

*

La_petite_ch_vre

*

La petite chèvre insouciante à la chair tendre

Toute parfumée des herbes de montagnes

Et le vieux berger le sait bien, pour servir son maître...

Il l'appelle. Elle cesse de brouter, lève la tête.

Elle accourt avec des béguètements joyeux.

La lame aiguisée du berger n'est pas pour l'effrayer.

Qu'a-t-elle à redouter? La journée est si belle!

Une vraie journée de festins et de jeux

Pour les petites chèvres, heureuses de vivre!

Jamais l'herbe fraîche n'a été aussi sapide

Et l'eau fuyante du ruisseau, aussi claire...

Confiante, elle accourt vers son ami

Dont la grosse voix lui est familière

Et qui la mène chaque matin sur les pacages d'Islatène.

La gourmande! Peut-être a-t-il une pincée de sel blanc?

Ou une poignée d'orge nouvelle! La gourmande!

Le berger l'a déjà couché sur le sol... C'est fait!

La petite chèvre ne savait pas qu'elle allait mourir...

.

  Mririda N'Aït Attik

.

"Les chants de la Tassaout"

Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom.

******

Mririda avait élevé pendant quelques mois une petite chèvre au pelage soyeux et bleu comme les fleurs de lin. Une merveille de petite chèvre bleue des Aït Bou Ou Guemmez, qui répondait au nom de Zerga. Devenue encombrante et ayant troqué son beau manteau bleu-ciel contre une livrée anthracite, Zerga fut jugée indésirable, bien qu'elle fût attachée à sa maîtresse comme un chien.

En s'en séparant, Mririda me disait: "C'est comme une femme qui n'est plus jeune. Elle a cessé de plaire".

Elle ajoutait: "C'est la vie..."

C'est à la petite chèvre bleue des Aït Bou Ou Guemmez que nous devons ce poème simple comme une journée de berger berbère, que Mririda récitait à mi-voix, avec plus d'émotion qu'elle ne voulait le laisser paraître...

René Euloge

Posté par Tigwenn à 19:15 - Poésie - Commentaires [13] - Permalien [#]

14 mai 2008

Le chemin de l'oubli

Lors de mon séjour au Maroc, j'ai fait l'acquisition d'un joli livre de poèmes, "Les chants de la Tassaout" de Mririda N'Aït Attik, poètesse berbère née dans les années 20!

La_Tassaout

Ces poèmes ont été traduits du dialecte Tachelhaït par RENE EULOGE, instituteur.

Il fut sans doute, au début des années 20, le 1er étranger à parcourir les régions reculées du Grand Atlas, ses plus hauts sommets et ses plus profondes vallées.

Vous pouvez admirer les photos de cette belle vallée chez mon ami  Photoeil   dans son billet " LA TESSITURE DE LA TASSAOUT "

Durant ces années passées auprès de ses amis berbères des hautes vallées, il acquière la maîtrise parfaite du dialecte Tachelhaït et accumule une masse considérable de documents écrits et photographiques sur l'Atlas.

Petite indroduction, indispensable pour planter le décor!

Par René Euloge

" Pour traduire de tels poèmes, la pratique de la langue et une profonde connaissance des rites et des us et coutumes sont nécessaires. Mais cette condition étant remplie, comment rendre tout le charme de ces images, de ces allusions, de ces jeux de mots qui n'ont d'équivalents dans notre langue?

La traduction la plus fidèle ou la plus adroite ne parvient pas à restituer pleinement la saveur d'une telle poésie. J'en suis convaincu après avoir passé de longues années dans l'intimité des populations berbères.

Faut-il préciser que le dialecte tachelhaït est une langue antique parlée encore aujourd'hui mais dont l'écriture est tombée en désuétude depuis un temps immémorable.

Je me suis refusé à falsifier, à farder, à dépersonnaliser Ces chants de la Tassaout en leur concédant la richesse et les subtilités de la langue française et les ingéniosités savantes de la culture. Aussi, me suis-je gardé de les métamorphoser en vers français rimés avec art!

Les Chants de la Tassaout sont empreints de superstitions préislamiques et parsemés d'invocations à Dieu, aux saints protecteurs, aux genies de la montagne. Religion et magie s'y confondent. Il s'y rencontre plus d'amertume que d'enjouement et les accents en sont plus sévères que souriants. Mais ils gardent toujours un fond de sensualisme et d'observation à la fois attendrie, ironique et désabusée.

Tous les poèmes de ce recueil ne sont pas de la propre inspiration de Mririda mais ceux qu'elle devait à une ancestrale tradition orale, ou, plus récents, ceux du troubadour Ali d'Ibakellioum

Mais qui était Mririda?

Elle se disait native du village de Magdaz. Elle vendait ses charmes au zouk d'Azilal! Elle n'avait pas trente ans. Jolie, elle ne l'était point, malgré des yeux immenses au regard expressif

Mririda_en_1940.

Mais au souk d'Azilal, qui pouvait prêter une véritable attention à son talent de poètesse et de chanteuse? Les sous-officiers français ne se souciaient guère de poèmes et de chants pour eux inintelligibles.

Quant aux " clients " indigènes, goumiers, conducteurs de camions, marchands et fellahs, ils manifestaient le mépris le plus total pour la poésie de Mririda. Le plaisir qu'ils venaient chercher, ils le trouvaient auprès des filles du souk! "

Village_de_Magdaz

Photo: Patrick Flament

*****

J'ai déjà mis quelques uns de ses poèmes en ligne que j'ai découvert grâce au net! Maintenant que je suis en possession de ce recueil, je vous ferai découvrir de temps en temps les ballades de la Tassaout!

*****

Le chemin de l’oubli

Chemin

Qu'il est loin derrière moi le jour de mon départ,

Le noir matin où j'ai quitté la maison,

Mon père, ma mère, mes frères et mes amis

Et celle que j'aimais et qui ne m'aimait pas.

Mes yeux battus, mes rides et ma barbe grise

Me disent qu'il est loin le temps de ma jeunesse

Lorsque le dépit et l'orgueil me poussèrent au départ,

Puisque celle que j'aimais, elle ne m'aimait pas...

*

Alors, j'ai pris la route, la route du chagrin,

La route des durs labeurs, la route de la faim,

La route de la colère, de la rancune, des malédictions,

Des amours de rencontre qui sont du désespoir.

Mon amertume s'est atténuée saison après saison

Comme fond l'horizon dans la brume du soir.

Plus guère ne me souviens du jour de mon départ,

Lorsque j'aimais encore celle qui ne m'aimait pas...

*

Chaque saison est venue s'ajouter aux autres

Comme chaque pierre nouvelle aux pierres du "kerkour" *

Qui écrasent la première gisant tout au-dessus.

Les années mieux que les pierres écrasent et ensevelissent.

Et je sais à présent ce qu'elle était, ma route,

La route prise autrefois, le chemin de l'oubli...

Je ne l'aurais pas connue en restant au village,

Mais celle que j'aimais, elle ne m'aimait pas.

.

Mririda N'Aït Attik

* Kerkour: Tumulus, cairn élevé sur la tombe d'un saint ou sur le lieu où il a fait halte, ou bien au point le plus élevé d'un col.

Posté par Tigwenn à 14:30 - Poésie - Commentaires [11] - Permalien [#]

07 mai 2008

Vague après vague...

De Tanger à Tifnite en passant par M'diq, Casablanca, El Jadida, Oualidia, Safi, Essaouira, Agadir... Palmiers_1

Cliquez et Plongez dans mon diapo  ClinOeil !


La mer Charles Trenet
envoyé par tigwenn

Mer

Un petit clic sur l'image pour l'agrandir

******

L'homme et la mer

(Charles Baudelaire)

Homme libre, toujours tu chériras la mer!

La mer est ton miroir; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

*

Tu te plais à plonger au sein de ton image;

Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur

Se distrait quelquefois de sa propre rumeur

Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

*

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets:

Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes;

O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,

Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

*

Et cependant voilà des siècles innombrables

Que vous vous combattez sans pitié ni remord,

Tellement vous aimez le carnage et la mort,

O lutteurs éternels, ô frères implacables!

Posté par Tigwenn à 16:30 - Evasion - Commentaires [19] - Permalien [#]
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