22 mai 2008
Malika
Malika
.
A la rivière, elle m'est apparue, dévêtue.
Elle avait posé sa tunique et sa ceinture de laine
Et, tel un chardonneret, son foulard jaune et rouge.
Elle se croyait seule sous les saules bleus,
Malika toute nue, Malika, joie de mes yeux.
Elle surpassait le soleil en splendeur.
Elle effaçait la lune par son éclat.
Chacun de ses gestes était un émerveillement.
Elle a levé la tête et vite, vite, trop vite,
Elle s'est accroupie dans l'eau claire,
La tête seulement hors de l'eau claire...
.

.
Ses yeux affligés brillaient de colère
Et de peur aussi, quand je me suis approché:
" Pardonne-moi, ô Malika! Je n'ai mauvaise intention
Et ne t'ai point suivie pour te surprendre..."
Mais, de son corps encore plus blanc dansl'eau claire,
Comment pourrais-je détacher mes regards?
Il surpasse le soleil en spendeur.
Il efface la lune par son éclat.
.
.
Elle a dit: " Que Dieu te rende aveugle et muet! "
Je me suis tu et j'ai mis ma main droite sur mes yeux.
Ses malédictions et ses larmes m'ont percé le cœur.
Alors, je me suis éloigné, honteux devant sa honte...
Depuis qu'elle m'est apparue dévêtue,
Malika toute blanche à l'abri des saules bleus,
Elle s'enfuit dès qu'elle m'aperçoit,
Serrant sa tunique et cachant son visage.
Elle ne veut ni m'accorder un regard
Ni répondre à mon meilleur salut.
.
.
Elle me hait, Malika, c'est chose certaine,
Parce que je l'ai vue dévêtue, Malika
Seule et blanche à l'abri des saules bleus.
Et depuis ce jour-là, je ne songe quà elle,
Telle que je l'ai vue, toute nue, à l'abri des saules...
Malika, seras-tu donc toujours sans pitié
Parce que je t'ai surprise, Malika toute nue,
Malika toute blanche sous les saules bleus?
.
.
.
"Les chants de la Tassaout"
Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom.







