18 mai 2008
Elle ne savait pas...
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La petite chèvre insouciante à la chair tendre
Toute parfumée des herbes de montagnes
Et le vieux berger le sait bien, pour servir son maître...
Il l'appelle. Elle cesse de brouter, lève la tête.
Elle accourt avec des béguètements joyeux.
La lame aiguisée du berger n'est pas pour l'effrayer.
Qu'a-t-elle à redouter? La journée est si belle!
Une vraie journée de festins et de jeux
Pour les petites chèvres, heureuses de vivre!
Jamais l'herbe fraîche n'a été aussi sapide
Et l'eau fuyante du ruisseau, aussi claire...
Confiante, elle accourt vers son ami
Dont la grosse voix lui est familière
Et qui la mène chaque matin sur les pacages d'Islatène.
La gourmande! Peut-être a-t-il une pincée de sel blanc?
Ou une poignée d'orge nouvelle! La gourmande!
Le berger l'a déjà couché sur le sol... C'est fait!
La petite chèvre ne savait pas qu'elle allait mourir...
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"Les chants de la Tassaout"
Pour en savoir un peu plus sur Mririda, un petit clic sur son nom.
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Mririda avait élevé pendant quelques mois une petite chèvre au pelage soyeux et bleu comme les fleurs de lin. Une merveille de petite chèvre bleue des Aït Bou Ou Guemmez, qui répondait au nom de Zerga. Devenue encombrante et ayant troqué son beau manteau bleu-ciel contre une livrée anthracite, Zerga fut jugée indésirable, bien qu'elle fût attachée à sa maîtresse comme un chien.
En s'en séparant, Mririda me disait: "C'est comme une femme qui n'est plus jeune. Elle a cessé de plaire".
Elle ajoutait: "C'est la vie..."
C'est à la petite chèvre bleue des Aït Bou Ou Guemmez que nous devons ce poème simple comme une journée de berger berbère, que Mririda récitait à mi-voix, avec plus d'émotion qu'elle ne voulait le laisser paraître...
René Euloge
Elle ne savait pas...
Commentaires
En l'Homme réside
La trahison...
C'est vrai que la méchanceté des hommes est sans limites...
C'est comme la dé-fête du mouton (l'aïd l-kbir)! Le mouton est acheté des fois longtemps à l'avance...On le chouchoute, les enfants l'adoptent et l'adorent et puis le jour du sacrifice, il y passe...
Un simple Revenant
Chère tigwenn
Triste histoire. Ca me rappelle un peu l'être humain dans le rôle de la chèvre et le destin dans celui du vieux berger. Mais que faire..? la vie est ainsi faite. Un prédateur et un gibier. Il suffit parfois de choisir dans quel clan nous voulant appartenir. Même si souvent nous n'avons pas le choix. J'espère que tu vas bien. J'avoue que tu me manque là où je suis. Douces pensées.
Ali
Histoire bien triste de cette petite chèvre. Elle me fait penser à ces bergers (oui, j'en connais...) qui se débarassent de leurs chiens devenus trop vieux pour garder le troupeau alors que ceux-ci ont travaillé sans rechigner toute leur vie. Triste fin...
Merci Tigwenn pour cette histoire.
Encore du changement chez toi ? c'est joli.
Gros bisous ma belle.
Ah la trahison!!! Quelle soit petite ou grande, je crois que ça fait le même effet!
En lisant ce poème, j'ai aussi pensé à la fête du mouton ou plutôt à la dé-fête comme tu dis si bien ;)
Tu es revenu hanter les lieux :) ? ça faisait longtemps... Depuis le mois de mars si ma mémoire est bonne!
Je sais Ali que tu crois dur comme fer au maktoub...
La petite chèvre qui te rappelle l'être humain, je la connais, je l'ai rencontrée... Confiante, prête à tout pour servir son maître et puis soudain le coup de poignard dans le dos...!
Je suis toujours joignable...
Oui elle est triste cette histoire Françoise! Très souvent, L'Homme se débarrasse toujours de ce qui le gêne, peu importe si la "gêne" en question lui a apporté du réconfort, une présence... Il a tout oublié!
Bisous à vous trois.
Bien triste oui, l'histoire de la chèvre... Comme pour les femmes...
Je n'aime pas le "c'est la vie", et pourtant...
Oui triste histoire mais oh combien commune pour le genre humain!!!
Merci pour tes mots sur mon blog et bonne semaine, gros bisous
~.~
Quelle triste fin pour cette petite chèvre, comme quoi certains préfèrent le parître à l'être...
Bisous ma bretaine.
Bienvenue Cendra,
Comme toi, je n'aime pas le " C'est la vie " ça sonne la résignation!!! Et pourtant...
Oui tu as raison Littlesun, l'Homme nous surprend, nous émerveille et finit par nous décevoir :(
Que les apparences soient belles car on ne juge que par elles.
[Roger Bussy-Rabutin]
Bisessssss!
Bonne fin de soirée et douce nuit, ma belle Tigwenn. Et de gros bisoussss.
Beaucoup d'émotions dans ce texte, il me fait beaucoup penser à la chanson de Léo Férré "Pépée" dans laquelle il crie sa douleur après que son épouse ait fait tuer son chimpanzé par un voisin après une dispute.
http://fr.youtube.com/watch?v=3hbAkwV5ZQs
Bonne journée Françoise ;
Bisous.
Merci Bernard,
Je ne connaissais pas cette chanson de Léo Ferré!
Très émouvante!
Bisesssssssss
La morale ??? C'est que "Le Destin" (quelle blague!) comme l'être humain est facilement un con... à moins qu'il ait choisi de ne pas l'être...
La chèvre résume la confiance de l'enfance... le couteau du berger est (je rejoins l'interprétation de Too banal) l'essence de la trahison... de la veulerie humaine... Je n' serai jamais du côté du couteau... De plus, le monde n'est pas si binaire : "bourreaux contre victimes", tout ça me paraît pipeau ! Changer les règles du jeu, emmerder le fatalisme des "masses" passives-résignées... Car au fond, la croyance en "l-melktoub" est une belle c...erie !!! ... et Mririda l'exprime avec une saine violence et le "prouve" de façon bouleversante en laissent parler son coeur... de chèvre bleue de l'Atlas qui se moque du couteau du berger ! Bises & belle Amitié à toi, chère Tigwenn, et à tous tes Amis ! et merci ou "choukrân'... bi-galbi" - pour ce moment magnifique !!!
Ton commentaire résume tout à fait ce que je ressens! J'ai toujours pensé qu'il fallait changer les règles du jeu et ne pas se laisser emmerder par des choses soi-disantes établies!
Le maktoub à l'avantage de faire passer la pillule, d'apaiser l'atmosphère et de se montrer résigné face à un malheur!
Choukran khouya ;)





