Ifrikia mia fel mia

Ne juge pas le grain de poivre à sa petitesse ; goûte-le et tu verras comme il pique.

26 septembre 2007

Les pleurs d'une femme

Les larmes sont un don. Souvent les pleurs, après l'erreur ou l'abandon, Raniment nos forces brisées.
[Victor Hugo] 

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20 septembre 2007

Bataille royale contre le kif dans le Rif marocain

Le Maroc est devenu le premier producteur au monde de cannabis selon une enquête de l'ONU! Une place de leader que ne semble pas apprécier les autorités! Alors des opérations de fauchage sont organisées mais rien n'est proposé pour sortir les paysans de leur misère!

Libération.fr

Les opérations de fauchage des champs de cannabis laissent les paysans du nord du Maroc sur le carreau.

Par François Musseau: jeudi 20 septembre 2007

Aux abords d’une petite route du Rif, entre Ksar el-Kebir et Ouazzane, Ahmed (appelons-le ainsi) ne décolère pas. Après s’être maintes fois assuré qu’il ne ­serait pas identifié, ce petit cultivateur de cannabis déverse son fiel : «Que veulent-ils exactement, qu’on meure de faim ? Comment je vais nourrir mes cinq enfants maintenant ? Je croule sous les dettes et je n’ai plus un dirham en poche !» Par deux fois en trois ans, son champ de kif (cannabis) a été entièrement arraché par une opération commando supervisée par la gendarmerie royale équipée de tracteurs. Dans le voisinage, bien d’autres fellahs (paysans) ont vu leurs plantations arrachées ou réduites à néant par des produits chimiques lancés par avion, ou à la machette si le terrain est accidenté. Comme 95 % des cultivateurs de la ­région, Ahmed n’est pas propriétaire de sa terre et dit payer un prix exorbitant pour la cultiver. «Je ne sais si je pourrai rembourser un jour cette dette…»

Traumatisme.  Officiellement, la région de Larache, à une centaine de kilomètres au sud de Tanger, est une «province sans cannabis» . Depuis mai 2005, sous la houlette du très volontariste gouverneur El Aïnaïne ben Khalihema, des campagnes d’éradication de cultures de kif ont été menées manu militari. En particulier autour de Ksar el-Kebir, où plus de 3 500 hectares auraient été «nettoyés» par les forces de l’ordre. Depuis, alors que les mêmes efforts se dirigent cette année vers Taounate, plus à l’est, la province de Larache est présentée comme le modèle à suivre dans tout le Rif, ce nord marocain qui produit 80 % du haschich consommé en Europe. Selon des chiffres publiés en mars par l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), le Maroc a pu réduire, entre 2004 et 2005, les surfaces cultivées de 120 500 à 72 500 hectares, soit une baisse de 40 %. La production de cannabis aurait chuté de 98 000 à 53 300 tonnes en deux ans. Stimulé par des fonds européens, Rabat s’est fixé pour objectif d’en finir avec ces cultures d’ici 2018. Une ambition que la plupart des Marocains du Rif voient comme un vœu pieux, convaincus que la culture du kif, implantée depuis des siècles, a de beaux jours devant elle.

Autour de Ksar el-Kebir, le traumatisme des campagnes d’arrachage est palpable. Des dizaines de fellahs ont écopé de deux à cinq ans de prison et d’amendes allant jusqu’à 100 000 dirhams (environ 9 000 euros). Beaucoup sont partis grossir les banlieues ­déjà surpeuplées de Tétouan, Fès ou Tanger. D’innombrables saisonniers venus de tout le pays, employés pour la transformation du kif en haschich, se retrouvent maintenant désœuvrés. Cependant, nombre d’entre eux font de la résistance. Ceux, comme Ahmed, qui ont replanté au même endroit ou un peu plus loin. D’après le magazine Tel Quel, un millier d’hectares de forêts ont été brûlés par des cultivateurs infortunés, par rage ou souci de vengeance, mais surtout pour semer de nouvelles plantations de cannabis dans des zones plus éloignées, escarpées et donc difficiles d’accès pour les forces de l’ordre.

Sur le carreau.  Même si les autorités assurent que l’arrachage a été précédé de campagne de sensibilisation, l’opération «cannabis-zéro» a été vécue comme une agression. «Cela a été fait en dépit du bon sens, brutalement et avec une approche militaire, dénonce le journaliste Hakim Yamani. Avant de se lancer dans une opération aussi ambitieuse, encore faut-il établir un calendrier, convaincre les gens du bien-fondé de l’initiative et, surtout, offrir des alternatives.»A Ksar el-Kebir, dans son bureau de l’Istiqlal (un des grands partis du pays, nationaliste), le leader local Abdelilah el-Bhiri se montre du même avis. En deux ans, la région s’est paupérisée, un hectare de kif rapportant 50 000 dirhams l’an (4 500 euros) ; certains fellahs ruinés ont pu trouver un emploi au port de Larache, dans la ville touristique de Lixus ou dans la construction de routes. Mais la plupart restent sur le carreau ou s’entêtent. «Près des routes, le cannabis a disparu, mais pas mal de cultures subsistent dans les collines. L’éradication totale n’est pas une bonne solution, car ici cette culture est le seul moyen de subsistance», confie ­El-Bhiri. C’est la question clé : quelle solution de substitution ? Les autorités ont proposé des alternatives : arbres fruitiers, céréales, élevage, ruches, tourisme rural… Mais ces options rapportent bien moins que le cannabis (dix fois moins dans le cas du blé) et elles sont coûteuses, lentes ou difficiles à mettre en place. «C’est une initiative qui peut fonctionner, mais elle est de longue haleine, poursuit El-Bhiri. Beaucoup ne partagent pas cet optimisme.

Les rares cultivateurs acceptant de parler sont persuadés que la culture du kif, forte source de richesse depuis le boom du milieu des années 90, «peut certes reculer, mais ne peut disparaître» . Une campagne similaire menée en 1993, sous Hassan II, n’avait duré qu’un temps. Au sein même des forces de l’ordre, en coulisses bien sûr, certains se montrent très réservés. «La production a baissé, c’est vrai, beaucoup de paysans en pâtissent, mais les trafiquants se portent plutôt bien, malgré l’arrestation de quelques gros bonnets», confie un agent antidrogue évoquant «une restructuration du business entre les caïds avec une chaîne des corruptions très bien huilée qui va du village jusqu’aux côtes espagnoles».

Emeutes.  Au-delà de Ksar el-Kébir, les régions de Chefchaouen et de Ketama (où 62 % du kif est produit) demeurent un sanctuaire inviolable. Les cultures de cannabis sont visibles partout. Ici, on assure que toute campagne d’arrachage provoquerait des émeutes… et la fureur des leaders politiques locaux. Un commerçant de Chefchaouen confie : «Dans la région, aucun candidat ne peut être élu s’il ne promet pas le maintien du kif.»

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13 septembre 2007

Coeurs en symbiose

Tes yeux étaient comme une douce caresse,
Tes mots avaient le goût du vin et de l'ivresse
Et je buvais allègrement à tes lèvres gourmandes
Ce succulent nectar dont j'étais friande.

Tes_yeux

Dans tes mots, dans tes gestes, des promesses
Tes mains sur mon corps, douce tendresse
Ton regard amoureux calmant mon attente
Et de doux baisers sur ma main frémissante.

Tes_mains

Il n'y avait plus que douceur et allégresse
Dans ce huit clos sensuel, plein de délicatesse
Et plus aucun contrôle, l'amour en turbulence
L'amour à fleur de peau, l'amour en abondance.

L_Amour

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08 septembre 2007

Il pleure dans mon coeur

Il pleure dans mon coeur

Paul Verlaine (1844-1896)

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Josette_Mercier

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

pluie

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

tristesse

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

coeur_larme

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06 septembre 2007

D'Internet en festivals, Bigg le rappeur et Hoba Hoba Spirit enflamment les jeunes Marocains

Petit clin d'oeil à mon groupe marocain préféré!

Puisque " le monde "  leur consacre un article, je ne vais pas me gêner, je vais le reprendre  ClinOeil

Hobas

Hoba hoba spirit

Photo prise au festival Reggae sun ska en Gironde le 4 août dernier

"Chez nous, ils seraient passés pour des gentils rebèles ; au Maroc, ils sont insupportables pour le pouvoir. Hoba Hoba Spirit, dans un reggae-variété aux paroles franco-anglo-arabes, dénoncent la polution, la télévision, le conformisme ou l’intégrisme. On appelle ça de la “hayha music”, l’attitude rock et des vraies chansons, sans renier ses racines.

Superstars de la jeunesse du pays, tellement piratés que leurs morceaux sont tous en téléchargement gratuit sur leur propre site, ils sont aujourd’hui très inquiets de l’issue des élections législatives de vendredi : le parti favori les voit comme un symbole de la “débauche” qui ménace le pays. Son leader déclarait à Libération : “On sait que le danger de censure ou du silence nous menace”."

"Enfin la jeunesse marocaine est en phase avec ce qui se passe dans le monde. On n'est plus dans un ghetto." Parole d'expert : la remarque vient de Réda Allali. L'homme n'est plus tout jeune (36 ans) mais il est aux premières loges pour observer la génération montante. Son groupe, Hoba Hoba Spirit, fait un tabac dans le royaume : plus de 40 000 spectateurs cet été à Casablanca, deux fois plus au festival d'Essaouira. "On est toujours surpris par le succès que l'on rencontre", dit Réda. Et pas seulement au Maroc. Depuis le printemps, Hoba Hoba Spirit - inutile de chercher une signification au nom du groupe, il n'y en a pas - a sillonné l'Espagne, la Suisse, la Tunisie, la France, l'Algérie.

Difficile de cataloguer sa musique. C'est un mélange de rock, de reggae, de chaabi (la musique populaire) sur des textes qui, mêlant arabe dialectal et français, parlent avec humour et finesse de tout et de rien, de Casablanca et des poncifs que la ville traîne avec elle, des images déversées par les télés occidentales, des élections "science-fiction", des bien-pensants, des policiers qui, de l'autre côté de la Méditerranée, "gardent les frontières/Ils sont armés jusqu'aux dents et ils surveillent la mer/Avec des barbelés et des chiens policiers/Pour empêcher les affamés de débarquer".

Le succès de Hoba Hoba Spirit tient du miracle. Le groupe est né il y a près de dix ans, par hasard et sans ambition précise, dans un quartier de Casablanca. A l'époque, Réda, guitariste et parolier du groupe, était jeune ingénieur chez IBM. Passant d'un groupe à l'autre, les musiciens étaient des nomades. L'arrivée d'Internet, la floraison des radios, la multiplication des festivals ont tout changé (celui d'Essaouira, le plus populaire, a drainé, cette année, 400 000 personnes en quatre jours). Hoba Hoba Spirit a trouvé un public.

Et le miracle s'est répété pour d'autres. Aujourd'hui, une demi-douzaine de groupes existent au Maroc. Ils ont créé, chacun dans leur genre, quelque chose d'original, et en vivent. Venu de Meknès, H-Kayne (littéralement, "Qu'est-ce qui se passe", mais avec un jeu de mot autour de la lettre H comme haschich) est le groupe phare de la scène hip-hop marocaine. Amarg Fusion, né à Agadir, marie reggae et instruments de musique berbère, tandis que Darga (Cactus) pratique un reggae festif.

CULOT MONSTRE

Et puis il y a Bigg, la grande gueule du rap marocain, 26 ans, un bon quintal, une créativité et un culot monstre. Dans l'un de ses titres, il a réussi la prouesse de parler de l'ancien bagne de Tazmamart, du général Oufkir, des gros bonnets de la drogue et d'un commissaire de police violeur en série !

Aucune maison de disques n'a encore mis le grappin sur ces groupes. Ils produisent et commercialisent eux-mêmes leur musique avec des méthodes artisanales. La sortie des nouveaux titres est annoncée sur la Toile avec la liste des boutiques où le CD sera disponible. La promotion ? Elle se fait sans plan médias, mais avec efficacité. Bigg le rappeur a fait, il y a quelques mois, la "une" du Journal, hebdomadaire des plus sérieux. Le piratage instantané des nouveaux albums, qui ramène à quelques semaines leur espérance de vie commerciale ? "Cela ne nous gêne pas. Cela fait partie du jeu", lâche Réda.

Les groupes vivent exclusivement des cachets versés par les sponsors des festivals (l'entrée y est gratuite) et, dans de rares cas, de l'utilisation publicitaire de leur image. Bigg est ainsi lié par contrat à Maroc Télécom, principal opérateur de téléphonie du pays. "Est-ce qu'ils vont réussir à tenir si leur survie économique dépend des seuls festivals ? Il faudrait définir une politique culturelle. Or l'Etat s'en désintéresse. Il est absent", nuance un organisateur de festival.

Le succès phénoménal de cette jeune scène musicale ne fait pas que des heureux. Des partis politiques ont la dent dure contre ces groupes accusés pêle-mêle de faire le jeu des Israéliens, d'être inféodés aux Américains, de se livrer à des cultes sataniques et de faire l'apologie des l'homosexualité. "L'oppression principale vient de la société, pas du pouvoir", avance Réda. Mais il y a aussi ceux qui ont compris que ces artistes sont des vedettes qui drainent les foules et dopent les audiences. Même la télévision publique, peu connue pour ses audaces, commence à les accueillir pour des émissions en direct. Et pour rajeunir son image vieillotte, le parti socialiste marocain, l'Union socialiste des forces populaires (USFP), a eu l'idée d'inviter Bigg et Hoba Hoba Spirit à se produire en concert à Casablanca. De mémoire de militant, jamais une "fête de la rose" n'avait connu pareil succès. "

Source:  Le monde

Jean-Pierre Tuquoi ;  Article paru dans l'édition du 04.09.07.


Hoba Hoba Spirit - Interview

Posté par Tigwenn à 14:50 - musique - Commentaires [14] - Permalien [#]
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